COMMENTAIRES.. Par MAGENTA (pesteux génétique ) 17H01 07/02/2008 Moi je ne me sens pas très concerné car je produis très peu à mon âge mais ne faudrait il pas aller jusqu'à nommer les spermatozoïdes , ne sont ils pas vivants eux aussi avec leur petite queue gracieuse qui s'agite comme pour faire coucou !!! Par la champenoise 17H05 07/02/2008 Que le foetus ne soit plus traité comme un déchet médical, entièrement d'accord. Qu'il soit porté sur le livret de famille si les parents le désirent encore d'accord. Mais déclarer qu'un foetus de 16 semaines est un enfant, et accorder un congé de maternité pour que la mère puisse faire le deuil, il ne faut pas abuser. Quand mon bébé de 4 mois est mort, je n'ai pas eu droit à un congé pour faire mon deuil, pas plus que lors du décès de son frère à 3 ans....Et pourtant, à ce compte-là, ils ont eu moins d'importance qu'un foetus de 16 semaines. Ce pays marche vraiment sur la tête, mais, je soupçonne notre très "religieux" président et son entourage de pouvoir à un moment ou un autre (selon les mauvais résultats de sondage),y trouver un pretexte pour supprimer la loi concernant l'IVG ou, sans la supprimer, faire en sorte qu'elle ne soit puisse plus être appliquée. Par Xounais (étudiant en droit (paris 12)) 17H22 07/02/2008 La question n'est pas de savoir comment doit être traité le foetus...le problème est bien plus grave. Si la question se résumait à cela, on aurait depuis longtemps reconnus l'enfant mort né... . Cet arrêt est en effet fort fâcheux...admettre l'existence en tant que personne humaine du "mort né" c'est contredire la jurisprudence sur l'IVG... . En effet, admettre que le foetus est un "être humain" à part entière, c'est a fortiori admettre qu'une atteinte à son intégrité est passible de sanctions pénales ! Considérer le foetus comme un être vivant revient à qualifier de meurtrière toutes les femmes de ce pays qui recourent à l'Interruption volontaire de grossesse. D'ailleurs la Cour de cassation, dans un élan (ponctuel) de logique mais contradictoire, reconnait qu'une telle intégrité ne peut entraîner des sanctions pénales. En conclusion, le maître mot est "prudence". A mon avis il est fort peu probable qu'il s'agit d'un arrêt de principe, mais plus un arrêt d'espèce. Pour le moment il s'agit plus d'une décision isolée de la Cour de cassation, et on peu supposer un revirement d'ici peu... . K.B Par laurence_fehr (formatrice à Nouméa) 21H06 07/02/2008 C'est une mère, à fond pour le droit à l'IVG, qui vous répond, se basant sur ce que peut éprouver une femme dans sa propre chair! La perte d'un enfant est un évènement douloureux.La naissance d'un enfant mort-né reste malgré tout une naissance. La femme a conscience de perdre un être vivant indépendant de sa propre chair. Peut-être faudrait-il redéfinir juridiquement le concept de naissance qui permette de donner une identité à un être. Serait susceptible d'avoir une identité "l'être né", qu'il soit né vivant ou mort. Cela permettrait aux mères de faire leur deuil, de bénéficier d'un congé de maternité et d'une reconnaissance de leur douleur(comment retourner travailler quelques jours après une perte aussi douloureuse ?). Une nouvelle définition de la naissance ne remettrait pas en cause le droit à l'IVG qui reste un acquis social de première importance. Par PMB (lecteur écriveur) 21H31 07/02/2008 On a raison de s’inquiéter de l’utilisation que vont pouvoir faire les associations intégristes. Il faudra donc être vigilant. Mais pour avoir vu de près le degré d’inhumanité que les milieux hospitaliers peuvent parfois atteindre au nom de la pure technique et du sang-froid dans le soin, oubliant les personnes pour ne voir que les pathologies, pour avoir eu dans mon entourage des parents ayant vécu ce drame, je peux comprendre cette décision dans ce qu’elle permet aux familles endeuillées. Mais je poserai quand même une question : va-t-elle à elle toute seule aider les parents à faire leur deuil ? Cela parce que je crois que notre époque a une approche biaisée, floue, de la mort. Autrefois, notamment parce que les conditions de vie étaient moins faciles, et parce que la religion était plus présente, la mort était mieux acceptée, plus visible (mais je ne dirai pas qu’on en souffrait moins). Aujourd’hui, avec les progrès de tous ordres, avec l’idéologie du bonheur à tout prix, la mort est devenue obscène, anormale. Ce contraste normal/obscène, je l’ai vécu avec la mort de nos parents. Notre père est mort « à la maison » : huit jours d’un agonie paisible où nous avons tous pu prendre congé de lui, le voir entrer dans la mort lividité comprise. Notre mère, deux ans après, est morte à l’hôpital anonyme. Juste après sa mort, les embaumeurs du lieu l’ont maquillée : quand j’ai vu revenir cette fausse-vivante, cette caricature de notre mère, je me suis fait une sacrée colère. Obscène, anormale, donc on la cache, on la nie, on fait comme si le mort vivait toujours : on s’adresse à lui, et au présent, on l’associe aux rites des vivants, on publie des avis d’anniversaires parlant de « présence permanente ». Or le deuil est fait pour que le vivant devienne, en un laps de temps raisonnable (et certes, variable, mais avec une limite) un vrai mort, à sa place de mort, pas un fantôme qui revient hanter les vivants et les empêcher de vivre. « J’ai peur de l’oublier » m’avait dit un jour un adolescent au retour de l’enterrement d’un camarade de classe. Autre cause de ces deuils impossibles. L’indispensable, la vitale mise à distance ne signifie pas oubli. Je l’avais rassuré avec cette métaphore : ton camarade sera comme ces habits d’enfance que tu ne peux plus porter mais auxquels tu tiens : rangé dans un tiroir fermé à clé. Tiroir fermé, mais tu pourras te servir de la clé quand tu voudras. Nos parents sont dans un colombarium moche comme pas permis où nous n’allons presque jamais, et pas en cérémonie. Mais nous pensons à eux, nous parlons d’eux pour un oui pour un non, surtout pour un oui. Un enfant mort doit donc avoir une place, et c’est bien si cette place est fixée par la loi. Mais qu’il n’empêche personne de vivre heureux. Au contraire. Je passe régulièrement dans un village où, à l’entrée, s’élève comme un autel à la mémoire d’un enfant mort d’accident à cet endroit. Je n’ose imaginer la vie de ses parents passant sans arrêt devant. Sans arrêt. Une douleur inapaisée, minérale, pire que le granit d’une tombe… Des amis avaient perdu un fille, la seule sur huit enfants. La photo trônait au milieu du salon. Quand on demandait aux enfants combien ils étaient, ils répondaient « nous sommes huit ». Je vous ferai grâce de ce qu’est devenue cette famille, qui n’a jamais pu s’éloigner de l’ombre du malheur. Par Nanouk 06H04 08/02/2008 Je ne vois pas en quoi le fait que l'administration reconnaisse l'enfant rend sa mort plus ou moins supportable. Et à mon avis on ne peut pas faire des lois sur tout... Moi j'aimerais une loi qui me permettre de déclarer à l'état civil tous les chiens qui sont morts pendant mon enfance et que j'aimais tant (pourtant j'ai fait une fausse-couche, mais la valeur que j'accorde à l'un ou aux autres est toute personnelle et ne devrait en aucun cas être dictée par l'administration ou la loi). Par Tannhäuser 06H23 08/02/2008 Il vous est fort difficile, je vois, de vous mettre à la place d'une famille qui a fait l'expérience de cette douleur. Aussi ne pouvez-vous pas trop parler à sa place. Si telle famille a multiplié les démarches pour aboutir à ce résultats et en est soulagée, c'est qu'il y avait un besoin. Si un embryon est considéré par telle femme comme son enfant, pourquoi n'aurait-elle pas le droit de l'inscrire à l'état civil, en quoi cela vous regarde-t-il ?
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